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Allegra : Pas de soucis pour les experts en douane indécis

Les experts en douane qui ne disposent pas d'Allegra auront, à moyen terme aussi, la possibilité de retourner dans les fonctions opérationnelles. C'est ce qu'a promis l'OFDF le 12 septembre lors d'une conférence téléphonique avec Garanto et les autres associations du personnel la semaine dernière.

Garanto a voulu garantir cela et d'autres points afin, en particulier, d'assurer les perspectives des experts des douanes qui correspondent à leurs connaissances spécialisées et à leurs besoins.

Allegra sera certes supprimé, mais remplacé par de nouvelles formations continues qui offriront aux experts des douanes différentes options pour la suite de leur carrière professionnelle. Garanto veillera à ce que cela soit pris en compte lors des futures négociations avec l'OFDF.

L'OFDF doit maintenant consolider en interne les réponses aux questions Allegra et fournira des informations en temps utile. Garanto ne peut donc pas divulguer d'autres détails pour l'instant.

Garanto restera vigilant au cours des trois prochaines années en ce qui concerne les perspectives d'avenir des experts des douanes, contribuera à façonner ces perspectives et s'engagera pour que personne ne soit oublié lors du passage aux futurs profils.

Garanto demande pour les experts en douane du temps et de la clarté avant de se prononcer sur Allegra

En septembre, les cadres discuteront avec leurs équipes respectives des expériences vécues et de leurs intentions concernant le programme de transformation « Allegra ». Dans ce contexte, Garanto a eu l’occasion de contribuer à court terme à un questionnaire élaboré par l’OFDF.

Lors de sa séance du 29 août, le Comité central a examiné en détail les nombreuses préoccupations exprimées par les experts en douane de longue date. L’OFDF souhaite que les collaborateurs potentiellement concernés prennent rapidement une décision définitive concernant leur participation à Allegra. Cette pression exercée en pleine incertitude est cependant problématique, car elle engendre de l’insécurité et un profond malaise chez le personnel concerné.

Les experts en douane particulièrement pénalisés par la transformation

Le constat est clair : à partir de 2028, de nombreux experts en douane perdront une classe salariale. Une perspective qui en décourage plus d’un·e de suivre la formation Allegra, car elle entraînera une diminution salariale. Ainsi, de plus en plus de collaborateur·rice·s choisissent de dire « non » à Allegra.

Selon les plans actuels de l’OFDF, la possibilité de suivre la formation Allegra devrait prendre fin à la fin de l’année 2027. Or, les futurs profils professionnels ne sont pas encore définis, et aucune garantie concrète n’a été donnée quant aux perspectives d’avenir. Dans un tel flou, il est injuste d’exiger du personnel qu’il prenne dès maintenant une décision aussi lourde de conséquences.

Il faut également considérer que, si les alternatives à Allegra s’avèrent insatisfaisantes à l’avenir, certain·e·s collaborateur·trice·s pourraient souhaiter revenir à des fonctions opérationnelles. Il est donc essentiel qu’ils ou elles puissent accéder à la formation Allegra ultérieurement, au-delà du délai actuellement fixé à 2027.

Demander une décision irrévocable dans ces conditions revient à imposer un choix « à l’aveugle ». Les experts en douane expriment des craintes légitimes quant à leur avenir professionnel et salarial. Si Allegra est véritablement une option – et non une obligation –, alors les décisions doivent reposer sur une information complète, claire et transparente.

Garanto adresse les demandes suivantes à l’OFDF :

  1. Que les experts en douane puissent se prononcer en faveur ou contre Allegra à un stade ultérieur ;
  2. Que l’accès à la formation Allegra reste possible après 2027 ;
  3. Que des perspectives de carrière concrètes et durables soient garanties également pour les collaborateur·rice·s qui ne suivront pas Allegra.

Le Conseil fédéral poursuit la vente des logements de vacances WOKA

Le Conseil fédéral dans son ensemble a décidé du sort des logements de vacances WOKA : il va poursuivre leur vente. Nous étions conscients de la grande difficulté à renverser la décision initiale prise en 2018 par le Conseil fédéral, mais la déception est grande. Garanto a tout mis en œuvre pour rendre l’impossible possible, mais finalement nous devons prendre acte de la décision.

En trois mois, Garanto a récolté plus de 3000 signatures - bien plus que prévu – pour la pétition lancée en novembre dernier, et les a remises le 13 février à la Conseillère fédérale et cheffe du DFF, Karin Keller-Sutter. Garanto a ainsi obtenu de la Conseillère fédérale qu’elle suspende provisoirement la vente, un signe que Garanto apprécie malgré l’issue négative.

 

La vente débute en novembre déjà

Dans une lettre adressée à Garanto et aux deux partenaires sociaux concernés, l’APC et Transfair, le Conseil fédéral a justifié sa décision par « l’argument de l’égalité de traitement pour tout le personnel de la Confédération, en ajoutant que du point de vue de la politique du personnel, il n’est plus nécessaire aujourd’hui de proposer des appartements de vacances ». La vente des logements de vacances sera immédiatement mise en œuvre a fait savoir le secrétariat général du DFF ; le lancement aura probablement lieu le mois prochain. Si vous avez récemment consulté le calendrier des logements de vacances WOKA, vous avez constaté qu’il n’est malheureusement plus possible de réserver ceux de la première trance de vente.

 

Avec sa pétition, Garanto a sans aucun doute touché une corde sensible, pour tenter de revenir à la dernière minute sur la décision du Conseil fédéral. Le maintien des logements de vacances WOKA était une préoccupation majeure de nombreux membres. Même après la récolte des signatures, Garanto n’a rien lâché et mobilisé son réseau jusque dans le monde politique pour inciter le Conseil fédéral à changer d’avis.

Règles d’engagement : Garanto craint l’incertitude due à des mises en œuvre différentes

En mars, Garanto et les autres associations de personnel ont discuté en détail des règles d’engagement avec le directeur Pascal Lüthi, le nouveau chef des opérations et d’autres personnes, en faisant part de notre position critique et de nos questions.

Nous prenons maintenant connaissance de la décision du CD Opérations sur les présentes règles d’engagement. Nous comprenons la réflexion et l’intention, mais nous avons des réserves sur le contenu. Seules quelques propositions mineures, soumises par Garanto, ont été intégrées au document final.

La proposition de Garanto de spécifier et d’expliquer en détail les futures règles d’engagement pour permettre au personnel de s’informer sur les compétences d’intervention n’a pas été retenue. Au lieu de cela, les règles d’engagement seront transmises par le biais de la direction. Nous craignons que ce procédé engendre des différences de mise en œuvre dans les régions et au niveau local. Cela va créer de l’incertitude. Nous sommes également préoccupés par la grande responsabilité que la personne responsable de l’engagement doit assumer avec cette solution.

Tous les membres de l’OFDF de plus de 55 ans avec une formation de garde-frontière peuvent suivre Allegra et reçoivent l’augmentation de classe salariale

Ces derniers jours, Garanto a reçu des retours selon lesquels les gardes-frontière de 55 ans et plus sont empêchés, voire se voient refuser la possibilité, de suivre la formation Allegra. Ce qui signifie qu’ils ne recevront pas la classe de salaire 17 le 1.1.2024.

Mais le fait est que :

  • tous les membres du Cgfr qui le souhaitent peuvent suivre la formation Allegra, même après le 1.1.2024, et seront tout de même promus à la classe de salaire 17 au 1.1.2024;
  • s’ils sont prêts à suivre la formation Allegra, ils seront promus le 1.1.2024 (cf. la dernière question des FAQ Allegra, ainsi que les conditions générales d'Allegra sur l’Intranet);
  • Les MadCgfr qui ne souhaitent pas suivre la formation Allegra et donc renoncent à la classe de salaire 17 doivent s’annoncer par la voie hiérarchique à Thomas Zehnder chef du Domaine de direction Opérations.

Explications sur Allegra facultatif

Avant les vacances d’été, le comité central de Garanto avait soumis une série de questions sur Allegra facultatif au CD-OFDF. Les réponses sont maintenant disponibles et ont été communiquées par l’OFDF :

  • Allegra est facultatif pour tous les spécialistes de douanes, actifs à une fonction de contrôle ou non. L’accomplissement de la formation Allegra est facultatif jusqu'à nouvel avis. La décision appartient uniquement au personnel, sans nécessité de justification lors de l’entretien avec le chef-NL
  • Les spécialistes de douanes sans formation Allegra peuvent aussi être engagés dans les équipes à 360°. A l’avenir, seuls des spécialistes armés de la douane et de la sécurité des frontières travailleront en équipe de 2 personnes pour les contrôles à 360 degrés. Dans l’activité de contrôle, le personnel non armé n’est engagé qu’à titre complémentaire sur une tâche spéciale. L’activité de contrôle du personnel non armé n’a pas lieu à proximité immédiate des « contrôles préalables / contrôles de sécurité » en cours.
  • Il n’y a pas de conséquences professionnelles pour les spécialistes de douane : tant que la formation continue Allegra est proposée, les spécialistes de douane peuvent revenir sur leur décision. Une fois que les résultats de l'évaluation externe du profil professionnel et les éventuelles recommandations qui en découlent seront disponibles, l'OFDF discutera et réglera rapidement avec les associations du personnel la suite de la procédure et les étapes de mise en œuvre nécessaires.
  • Selon l’accord conclu avec les associations du personnel, le déclassement des spécialistes de douane aura lieu au 1er janvier 2028, en tenant compte des délais de protection légaux.
  • Les gardes-frontière ne souhaitant pas suivre Allegra ne reçoivent pas la CS 17. En effet, ils ne remplissent pas les exigences de la description de poste du spécialiste en douane et sécurité des frontières Si un-e collaborateur/-trice exprime le souhait de continuer à travailler sur la base de la description de poste actuelle dans la classe de salaire 15, chaque cas est évalué individuellement dans une recherche de dialogue avec la personne. 

Conclusion d'un accord : pas de désavantages professionnels pour les personnes qui choisissent de ne pas porter d'arme à feu

L’OFDF a stipulé dans un accord écrit avec les partenaires sociaux que le renoncement au port de l'arme ne doit pas entraîner de désavantages professionnels. Cet accord a été conclu à l’initiative de la section Garanto de Schaffhouse, qui avait déposé une motion dans ce sens lors de l'AD 2022, motion qui avait été suivie par les délégués. L’année dernière, cette demande s’était heurtée à une forte résistance de la part des responsables de l’OFDF, mais cette année a vu naître une nouvelle dynamique. La demande a trouvé un terrain fertile et un processus fructueux a pu débuter.

Le résultat des négociations à fin juin parle de lui-même :

  • Garantie du caractère volontaire
  • Aux réviseur-e-s et aux spécialistes en douane concerné-e-s il est demandé explicitement s’il/elle souhaite s’équiper d’une arme à feu  
  • Aucun désavantage en termes de salaire, fonction ou perspectives de carrière
  • Les personnes concernées se voient proposer une fonction et, si nécessaire, un lieu de travail dans la même région ou à une distance supportable.
  • Cet accord est conclu pour une durée indéterminée.

L’accord peut être téléchargé ici.

Davantage de chances pour les femmes à l’OFDF

Le groupe de travail de Garanto 'Grève des femmes 2023' a profité de la journée d'action de l'Union syndicale suisse pour développer des idées visant à augmenter l'égalité des chances pour les femmes au sein de l'OFDF.

Les présentes revendications ont été élaborées à l'occasion de 3 conférences régionales et adoptées le 14.6.2023 par plus de 30 femmes membres de Garanto via la conférence zoom.

Les revendications ont ensuite été remises à une délégation de l'OFDF présidiée par Isabelle Emmenegger.

 

Aller au catalogue des revendications

Il souffle un vent nouveau: l’OFDF tient compte des préoccupations sécuritaires des associations

Ces derniers jours et semaines, le vent a tourné et provoqué un changement de cap extrêmement bienvenu à nos yeux. L’OFDF prend enfin au sérieux les associations du personnel. C’est probablement dû à la nouvelle cheffe du département Karin Keller-Sutter, qui a entendu nos objections. Mandaté par le DFF, l’ancien Conseiller d’État argovien Urs Hofmann est désormais un médiateur à l’œuvre ayant soigneusement évalué nos objections.

Dans notre argumentation sur le projet de règles d’engagement à 360°, nous avons mis en doute la légalité de l’utilisation des armes à feu. De plus, nous avons critiqué la formation insuffisante en matière de sécurité et d’armes dans ALLEGRA et chez les spécialistes. Le DFF a compris nos objections et a pris cette semaine quelques mesures en concertation avec l’OFDF et nous :

  • L’OFDF précise l’art. 232 de l’ordonnance sur les douanes et définit des règles claires pour les engagements à 360°. Incontestablement, l’armement est juridiquement possible lors de tels engagements selon l’art.228 de l’OD.
  • Organisation d’une table ronde sur la formation en matière de sécurité et d’armes à feu dans ALLEGRA et chez les spécialistes
  • Pour toutes les affaires concernant le personnel, les associations seront désormais consultées à temps.

Pour le personnel aussi, il a enfin valu la peine que garaNto élabore une argumentation détaillée et continue à défendre obstinément ses objections. Nous avons ainsi réussi une percée importante, qui garantit aussi à l’avenir la sécurité et la protection juridique sur le lieu de travail.

Mais nous savons également que nous sommes loin d’être au bout de nos peines. Les négociations difficiles continuent. Un grand merci à tous pour vos réactions, même critiques.

Le travail de nuit engendre des risques dans tous les domaines

Travailler la nuit ne convient à quasiment personne, et pas seulement pour des raisons de santé. Pourtant, près d’un cinquième des salari-e-és travaillent régulièrement de nuit, notamment dans le secteur de la santé, la police et les services de sécurité. Le psychisme en souffre, tout comme la vie sociale, et parfois aussi la carrière professionnelle. Entretien avec le chercheur sur le sommeil Martin Meyer.

À Bâle, le Centre de chronobiologie rattaché aux cliniques psychiatriques universitaires est l’un des principaux centres mondiaux de recherche sur le sommeil. Cette discipline n’étudie pas seulement les troubles du sommeil, mais aussi l’horloge interne qui rythme le sommeil et la plupart des processus métaboliques.

Le sommeil est principalement régulé par deux facteurs: la fatigue diurne – combien de temps on reste éveillé – et l’horloge interne (dans le jargon technique, le rythme circadien). Selon cette horloge interne, le cerveau déclenche en secrétant des hormones le sommeil le soir et le réveil le matin. Travailler de nuit représente donc un défi particulier pour l’être humain, qui doit alors faire exactement le contraire de ce que son cerveau ordonne.

Chronobiologiste, le docteur Martin Meyer, nous a éclairés sur les problèmes, les défis, les stratégies et les mesures à prendre dans le cadre d’un travail de nuit.

Docteur Meyer, les hôpitaux travaillent eux aussi 24 heures sur 24. Comment les établissements médicaux le gèrent-ils?

Chaque médecin assistant qui travaille en équipe fait l’objet d’un contrôle de santé permanent, en particulier les personnes souffrant de diabète, d’hypertension et de surpoids, et les personnes plus âgées. Ces facteurs de risque, pénibles pour le travail par quarts, sont pris en compte dans l’évaluation. En particulier les personnes de plus de 50 ans ont certes plus d’expérience de la vie et savent où sont leurs limites, mais elles s’adaptent moins bien au travail de nuit. Elles dorment moins bien et moins souvent de jour, et récupèrent donc moins bien d’un travail de nuit. Nous recommandons de ne plus faire de travail de nuit à partir de 50 ans.

Quels sont les facteurs externes à prendre en compte?

Un trajet plus long pour se rendre au travail, une deuxième profession, des obligations privées et sociales constituent une charge particulière et déterminent en partie l’aptitude des médecins assistants à travailler de nuit.

Quels effets secondaires typiques constate-t-on pendant la journée chez les personnes travaillant de nuit?

Les effets secondaires sont très individuels. Quand on dort le jour, on est plus fatigué, plus irritable, on a de mal à se concentrer, on a plus souvent des maux de tête et des troubles de l’appétit que d’habitude, ce sont les observations de la médecine du sommeil. Les conséquences sont souvent le manque de motivation et la dépression, la consommation de somnifères et d’alcool, l’obésité. En outre, certaines personnes souffrent de stress social, car leur vie sociale est affectée par le travail de nuit. Le travail du week-end et pendant les jours fériés complique encore la situation.

Y a-t-il des maladies plus fréquentes chez les personnes travaillant de nuit?

Il y a davantage de cas de cancer, en particulier de cancer du sein, d’obésité, d’hypertension, de diabète et de démence. Mais aucune étude n’a prouvé jusqu’ici une causalité, c’est-à-dire un lien expliqué.

Quels sont les risques professionnels auxquels il faut s’attendre pendant un travail de nuit?

La mémoire, la concentration  sont réduits, le pire étant entre 4 et 6 heures du matin. C’est pendant ces deux heures que la plupart des catastrophes arrivent. Les erreurs et mauvaises décisions se multiplient. Il serait plus sage de fixer le changement d’équipe à 4 heures au lieu de 6 heures. Le retour à la maison aussi constitue un danger.

Qu’est-ce que l’employeur devrait enseigner aux personnes travaillant de nuit?

Qui rentre à la maison après un travail de nuit doit clairement savoir que le risque d’accident croît en raison de la somnolence et de l’inattention. Ce risque augmente avec l’âge. Nous recommandons de faire une sieste avant de partir, surtout si le trajet de retour est long. À cause de la monotonie, une heure de conduite sur autoroute, c’est le pire. Je recommanderais aussi: formez votre personnel pour qu’il comprenne bien qu’il n’est pas toujours fonctionnel en travaillant la nuit. C’est une période exigeant une protection particulière, car il y a plus d’erreurs et plus de prises de risques. Plus on est fatigué, plus on est impulsif. On ne change pas sa boussole morale, mais on fait des erreurs, on prend de mauvaises décisions, une sorte de diminution de la capacité de décision. De plus, il est beaucoup plus fréquent de ne pas remarquer ses propres erreurs, l’autoévaluation est très peu critique. Dans les hôpitaux, des procédures standards spéciales existent pour la nuit: chaque action doit être contrôlée et il faut s’en tenir strictement au protocole.

Quid de la conscience professionnelle et de la ponctualité?

Les personnes travaillant par quart sont en général très ponctuelles et consciencieuses. Qui n’arrive pas au travail à 6 heures mais seulement à 8 heures se rend très impopulaire au sein de l’équipe. La ponctualité n’est en principe jamais un problème.

Quelles sont les astuces permettant de bien préparer le travail de nuit?

La veille du travail, c’est une aide de boire du café, ingérer de la caféine. Si le protocole le permet, il faut aussi s’accorder une «turbo sieste» pendant la nuit. Sinon, il faut rester actif en permanence pour que le corps ne ralentisse pas. Nous recommandons de faire des pauses actives, c’est-à-dire de bouger régulièrement au grand air et se libérer la tête. C’est ainsi que se dépassent les crises.

Comment jugez-vous la situation du personnel plus âgé quand il est confronté pour la première fois dans sa viel professionnelle au travail de nuit?

Pour lui, le travail de nuit représente un changement gigantesque. Non seulement pour sa santé, mais aussi pour tout son entourage. Le Suisse moyen vit en couple, a des obligations privées, des amis. Tout cela disparaît. C’est un énorme changement du rythme de vie - pour tout le système social. Les thérapeutes disent que la phase de transition dure généralement plusieurs mois. C’est un processus impossible à parcourir en quelques jours.

Quel emploi du temps recommanderiez-vous la journée avant le travail de nuit?

Les personnes travaillant de 5h à 12h qui commencent ensuite à travailler de nuit dès 22h sont confrontées à une difficulté: en mangeant à midi après le travail, elles ont du mal à dormir ensuite. Mais il serait important de dormir de 13 à 16 heures par exemple. Avant le travail de nuit, il devrait y avoir un souper et, si possible aussi une «turbo sieste». Par contre, les personnes travaillant plusieurs nuits de suite devraient décaler leur emploi du temps, notamment le sommeil et les heures de repas, en fonction des heures de travail. Cela signifie «dîner» au milieu du travail et ne se coucher qu’en fin de matinée, mais dormir plus longtemps.

Quelle est la meilleure façon de récupérer du travail de nuit pour un bon retour à la normale?

Je recommande une activité physique légère plutôt que de rester allongé, comme la marche, le vélo ou le jardinage; entretenir des contacts sociaux, manger régulièrement, se détendre. Il est important de passer du temps à l’extérieur pour se laisser à nouveau guider par la lumière et soutenir son horloge interne.

Quels sont les signaux d’alarme typiques indiquant que la personne souffre du travail de nuit?

La fatigue, les troubles du sommeil, l’insomnie, l’augmentation de la consommation d’alcool, l’irritabilité, le manque d’énergie, la tendance dépressive et l’évitement des contacts sociaux.

Une attitude positive est-elle importante pour mieux gérer le travail de nuit?

Une attitude fondamentalement positive vis-à-vis de la nuit aide certainement. Souvent, la motivation est monétaire, car le travail de nuit est mieux rémunéré. C’est important et juste, mais en même temps cela incite à travailler davantage la nuit, ce qui peut aussi mal tourner. La surveillance de la santé est donc importante, par un médecin spécialement formé à cet effet et qui peut dire de manière concluante que le travail en équipe n’est plus indiqué pour la personne. Il est important de ne pas avoir de désavantages professionnels pour le personnel lorsqu’un médecin dit que le travail de nuit n’est plus supportable pour quelqu’un.

Le Conseil fédéral ignore les conclusions de la CdG

Publiée hier après-midi, la prise de position du Conseil fédéral sur les recommandations de la CdG-E concernant la transformation de l’AFD en OFDF irrite Garanto. Le gouvernement ne veut pas donner suite à certaines de ces recommandations. Ainsi comme exécutif, il ne prend pas assez au sérieux l’enquête de la CdG-E dans son rôle de haute surveillance, et sape ainsi la confiance dans la séparation des pouvoirs en Suisse, et pas seulement pour Garanto.

 

En effet, les recommandations du rapport de la CdG correspondent en grande partie aux demandes formulées depuis longtemps déjà par Garanto. « Pour nous, il reste clair que la transformation organisationnelle réelle en OFDF doit être interrompue jusqu’à l’entrée en vigueur des bases légales », déclare Heidi Rebsamen, secrétaire centrale de Garanto. La présidente et conseillère nationale Sarah Wyss affirme : « Nous saluons la décision du Conseil fédéral d’attendre l’entrée en vigueur de la révision de la loi pour armer les employé-e-s civils des douanes. Mais l’uniforme des spécialistes civils des douanes doit aussi être annulé. En effet, un uniforme ne peut pas être assimilé à une simple tenue de service (art. 70 OPers). Les gardes-frontière en uniforme portent une arme. Les spécialistes civils des douanes portant le même uniforme ne se sentent pas en sécurité lors des contrôles communs. Dans une situation de danger, il est impossible de distinguer qui est effectivement armé. Ils sont ainsi exposés à un grand risque ».

 

La transformation culturelle vantée par le Conseil fédéral se fait de manière unilatérale, ce qui a aussi été critiqué plusieurs fois par Garanto. Nous voulons une véritable transformation culturelle qui intègre les deux cultures Douane et Cgfr. De plus, Garanto demande une meilleure prise en compte du personnel de l’OFDF, notamment de l’expertise des spécialistes des douanes et des gardes-frontières, avant de prendre des décisions professionnelles importantes.

Suspendre les transformations organisationnelles à l’OFDF dans l’attente de bases légales

En réaction au rapport de la CdG du 23 mai, le comité central a décidé d'écrire une lettre ouverte au Conseil fédéral. Transfair et APC l’ont signée également.

 

Lettre ouverte

 

Suspendre les transformations organisationnelles à l’OFDF dans l’attente de bases légales

 

Cher Président de la Confédération

Chères Mesdames et chers Messieurs du Conseil fédéral,

 

Le rapport de la Commission de gestion du Conseil des Etats sur la transformation de l'AFD en OFDF a mis en évidence les résultats suivants :

  • La nouvelle organisation de l’OFDF met le parlement devant le fait accompli.
  • L’uniformisation (y compris intégrations dans la classification de grade du Cgfr) de la partie civile de l’AFD était illégale.
  • Jusqu’à l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, il ne faut pas accélérer l’armement d’autres personnes au sein de l’OFDF.

 

Dans son travail, le personnel de l’administration fédérale est tenu de respecter des normes éthiques élevées, tout en étant soumis à un code de conduite strict pour préserver son indépendance et sa capacité d’action. Il doit appliquer et faire respecter les lois votées par le parlement avec loyauté et sans équivoque. Victimes de la transformation de l’AFD en OFDF, les employé-e-s de l’OFDF exigent maintenant le respect des lois aussi lors de la transformation organisationnelle de l’OFDF.

 

Les associations de personnel considèrent donc comme importante une prise de position substantielle du Conseil fédéral sur le rapport de la CdG-E du 23 mai 2022.

 

Sur le fond, il nous semble clair que les points soulevés par la CdG-E concernant l’uniforme et l’armement du personnel civil de l’OFDF doivent être pris en considération. De plus, il nous semble important que toutes les autres mesures visant à transformer l’organisation de l’OFDF - par exemple les programmes de formation continue « Allegra » prévus - soient suspendues jusqu’à la fin des débats parlementaires et donc jusqu’à ce que la clarté règne sur l’organisation future de la législation douanière. Pour prendre en compte la grande insécurité et le mécontentement du personnel (civil et membres du Cgfr), deux autres points importants sont à souligner, sans lesquels la transformation souhaitée ne pourra que difficilement réussir :

  • une meilleure prise en compte du personnel de l’OFDF, notamment de l’expertise des spécialistes de douane et des gardes-frontière, avant les décisions professionnelles importantes, une table ronde avec des représentants des partenaires sociaux sur le mode de contrôle à 360°, un droit d’être entendu oralement et par écrit sur tous les projets et changements importants concernant le personnel
  • une véritable transformation culturelle intégrant les deux cultures Douane et Cgfr, notamment la création d’un espace de réflexion continue, où les critiques doivent être prises au sérieux.

 

Nous vous remercions de prendre en considération nos réflexions dans votre réponse d’ici au 23 septembre.

 

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